Essais avec le CRIEPPAM

Étude de l’impact des essais de lutte contre les adultes de H. obsoletus sur des ruches placées à proximité des parcelles traitées


 Évaluer l’impact éventuel des traitements réalisés dans les essais de lutte directe contre H. obsoletus, sur les abeilles.


Les lavandiculteurs ne disposent à l’heure actuelle que de moyens de lutte indirects contre la maladie du dépérissement à Stolbur. En effet, la lutte directe contre le phytoplasme n’est pas possible (l’usage d’antibiotiques en pulvérisation sur des cultures est interdit en Europe), et la lutte contre l’insecte vecteur H. obsoletus est également problématique du fait de la vie souterraine des larves, et du vol des adultes pendant la floraison des lavanderaies, période où la présence d’abeilles est maximale dans ces cultures, ce qui interdit tout traitement insecticide à ce moment là.


Cependant, la gravité de la maladie fait que dans certains secteurs, les méthodes prophylactiques ne suffisant plus (utilisation de plants sains certifiés, utilisation de variétés tolérantes, rotations de plus de 2 ans, ...). De nouveaux essais de lutte directe contre les adultes de cet insecte vecteur ont été mis en place dès 2010 conjointement par le CRIEPPAM et la FREDON PACA. Ces essais ont pour objectif d’évaluer l’efficacité de traitements à l’argile kaolinite, en dehors de la période de floraison. Des traitements vont être appliqués sur des lavanderaies en 1ère, 2ème année de récolte et plus, juste avant la floraison, et ce sur des surfaces importantes sur les zones de St Jurs et Puimoisson en 2012.


L’ADAPI conjointement avec l'ITSAP et l'ITEPMAI travail sur le projet CASDAR 2012-2015 : Dépérissement de la lavande et du lavandin : mise en œuvre d’un programme de recherches appliquées afin d’apporter des solutions de lutte aux producteurs. Dans ce cadre, l'ADAPI doit effectuer une évaluation des impacts éventuels des traitements à l'argile sur des ruchers placés à proximité des parcelles traitées.


En s'appuyant sur le suivi de l'observatoire des ruchers en environnement lavande, les défaillances et les problèmes des ruchers pourront être détectés rapidement. A partir d’un rucher d’une cinquantaine de ruches, deux lots homogènes de 15 ruches ne présentant aucun signe de pathologie apparente seront constitués. Un rucher I sera situé au milieu de l'environnement lavandes traitées. Un rucher II sera situé au milieu d'un environnement lavandes non traitées à au moins 6 Km de la zone traitée. En plus du protocole de suivi de l'observatoire lavandes viendra s'ajouter des prélèvements d'abeilles, de miel frais, cire et de pollen pour des analyses toxicologiques et de résidus de la kaolinite. Des mesures de l'attractivité des lavandes pour les butineuses ainsi que des mesures de sécrétions nectarifères des lavandes seront effectuées sur des parcelles traitées et non traitées en comparaison. Regroupées ensuite sur un même emplacement, les ruches feront l’objet d’un suivi allégé (poids, état de développement, mortalité) jusqu’au printemps suivant.

 



Essai sur l'incidence des machines de récolte sur les abeilles


Suite à la présentation de l’espieur au Syndicat des apiculteurs des Alpes-de-Haute-Provence, ceux-ci ont proposé qu’au moment de mettre au point une nouvelle machine de récolte des lavandes, il serait intéressant de prendre en compte l’impact de celle-ci sur les abeilles en butinage

Les apiculteurs ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’impact que l’espieur aurait sur les abeilles, craignant que celles-ci soient «aspirées».

A priori, cette technologie ne devrait pas être plus défavorable qu’une autre technologie, car le capot à l’avant du rotor aurait plutôt tendance à les repousser, et le rotor avec les peignes ne crée pas d’aspiration. Toutefois, n’ayant pas de données chiffrées, des essais ont étés entrepris en collaboration entre le CRIEPPAM et l’ADAPI pour comparer l’incidence de l’espieur et d’une machine en vert broyé pour les abeilles. C


es essais ont montré que le nombre d’abeilles piégées par l’espieur n’est pas supérieur au vert broyé, même plutôt moindre: 4 114 abeilles par hectare pour l’espieur contre 4 954 abeilles/ha en vert broyé avec une machine latérale à un rang, les écarts ne sont pas significatifs sur le plan statistique. L’activité de butinage était plutôt moyenne lors de cet essai.


L’espieur.



Dans la foulée, l’Adapi a conduit un autre essai selon les mêmes protocoles sur l’efficacité d’un dispositif de chasse abeilles monté à l’avant d’une ensileuse. Ce chasse-abeilles est un dispositif de lanières lestées qui passe sur les fleurs, devant le cueilleur.

L’activité de butinage était plus intense, et les résultats sont impressionnants: 26000 abeilles/ha piégées par l’ensileuse; et 16800 abeilles piégées avec le chasse abeille, soit une diminution de 35%. Certes cette diminution est importante, mais les chiffres restent élevés. Cette différence de près de 10000 abeilles par ha est à considérer avec précaution car l’écart n’est pas significatif sur le plan statistique. Ce dispositif de chasse abeilles a l’avantage d’être relativement simple mais il faudrait vérifier qu’il n’occasionne pas une gêne pour la visibilité du chauffeur.

Une réflexion sera menée entre les structures techniques cet automne, pour définir les meilleures actions à mettre en place dans l’objectif de limiter ces pertes.


le dispositif de chasse abeille constitué de lanières lestées de plomb.